Les objets d'enfance prennent de la place, et on ne peut pas tout garder. L'essentiel n'est d'ailleurs pas de tout conserver, mais de garder l'histoire associée à quelques objets bien choisis — c'est elle qui a de la valeur, pas l'objet seul.

Photographier plutôt que stocker

Pour la plupart des objets — le premier body, la paire de chaussons, le dessin d'école, le bricolage de fête des mères — une bonne photo, datée et légendée, garde le souvenir sans encombrer une armoire. On peut alors se séparer de l'objet sans se séparer de sa mémoire.

  • un doudou ou un objet transitionnel
  • un premier vêtement, une première paire de chaussures
  • un dessin ou un bricolage marquant
  • un livre ou un jouet particulièrement investi
  • un petit objet lié à la naissance

La boîte à souvenirs, version réaliste

Une seule boîte, de taille fixe, par enfant. Quand elle est pleine, on trie : chaque nouvel objet qui entre en fait sortir un autre, photographié avant de partir. Cette contrainte transforme la boîte en vraie sélection, au lieu d'un carton qui déborde et qu'on n'ouvre jamais.

À se demanderPourquoi cet objet compte-t-il dans notre histoire ?

Choisir peu d'objets, mais garder leur histoire — c'est elle qu'on relira, pas le tissu ni le plastique.

Les objets qui racontent une période

Certains objets ne valent que par le moment qu'ils incarnent : le déguisement porté tous les jours pendant six mois, la peluche emmenée partout un été, la trottinette de la grande autonomie. Noter la période d'un objet — son règne — situe une tranche d'enfance mieux qu'une date.

Impliquer l'enfant dans le tri

Vers cinq ou six ans, l'enfant peut choisir lui-même ce qu'il garde. Ses critères — souvent surprenants — sont eux-mêmes un souvenir : il garde le caillou du jardin et jette le jouet cher. Noter ses choix, sans les corriger, dit quelque chose de qui il est.